mardi 22 mars 2011

5,6 º ce matin dans la caravane

Salut, fidèles et moins fidèles lecteurs de cette prose bloggesque ! Pour ce qui est de nos dernières aventures, nous sommes aujourd'hui à El Chalten en Argentine, autoproclamée "capitale nationale du trekking".

Nous sommes arrivés ici il y a une semaine, après avoir fait étape à El Calafate, cité touristique par excellence (genre station de ski), porte d'entrée du Parc national Los Glaciares. Et des glaciers, il y en a, dont le magnifique Perito Moreno, qui offre à ses visiteurs la vue époustouflante d'énormes blocs de glace s'effondrant de ses parois de 60 m de haut ! Malheureusement, comme c'est le cas depuis un bon moment, les connexions internet des bleds où nous passons ne nous permettent pas de charger des photos... Ce sera pour plus tard (ou au retour), promis.

Nous avions quitté Puerto Natales, au Chili, en stop. Pas moins de cinq voitures ont été nécessaires pour franchir la frontière et parcourir quelque 400 km jusqu'à El Calafate. Mais c'était bien sympa, enrichissant et la route désertique -dont une partie de la fameuse Ruta 40- particulièrement belle et musicale. Anne a en effet beaucoup apprécié l'écoute de Pavarotti dans le 4x4 d'un prof de production ovine de Rio Turbio !
Rien de particulier lors des cinq jours passés à El Calafate, si ce n'est le glacier précité, 80 km plus loin, que nous avons atteint par l'intermédiaire d'un couple de grands et blonds Hollandais avec leur fils de 3 ans. Pour la petite histoire, ce sont des Français, un ex journaliste de TF1 et son épouse, qui nous ont pris au retour.

Toujours en stop, nous avons rejoint le village de El Chalten, à 220 km, où nous attendaient Mag et Aurèl pour aller marcher trois jours dans le massif du Fitz Roy (ou El Chalten en langue indienne, qui signifie "mont enfumé"). Nous avons eu de la chance, car le temps fut plutôt beau, même si la nuit la température flirtait avec le zéro et que Anne a eu trop froid. Mais le paysage comme d'habitude, et ça en devient lassant !, était magnifique.
Sur ce, nous allons quitter ce village plein de trekkeurs ainsi que la petite caravane exposée aux quatre vents glacés où Andrea et Aristides, un couple travaillant au parc national, nous ont gentiment accueilli à côté de leur petite maison faite en bois par monsieur. Donc, adieu pizzas maison, soirées au coin du feu et discussions entraînantes sur le fonctionnement du parc et la difficulté de concilier accueil des marcheurs et préservation de la nature.

Demain, nous partons en direction de la frontière chilienne, contre le vent du nord. Espérant qu'il ne soufflera pas trop fort et que la neige nous épargnera, nous attendrons au matin une voiture pour nous mener jusqu'à un lac à 30 km, que nous longerons à pied, nos lourds sacs sur le dos (ouah, trop fort !). Le lendemain, le sentier coupé par la frontièredevrait rejoindre un autre lac, et nous prendrons le bateau pour Villa O'Higgins, yes !

Bises à tous et à bientôt, si c'était trop long, tant pis, dites-vous que c'est long aussi à écrire pour moi, surtout sur ces putains de claviers argentins.
Tchao !

jeudi 10 mars 2011

Au bout de nous (Anne surtout !)

Et nous voilà de retour dans la civilisation ! Après dix jours de trek dans le parc Torres del Paine, en Patagonie chilienne, nous sommes de retour à Puerto Natales, à la Casa Lili, oú nous avions laissé quelques affaires afin d'alléger un peu nos sacs avant la rando.

Fin février, nous avons donc quitté Comodoro Rivadavia, sur la côte Est argentine, et poursuivi notre chemin vers le Sud. Notre sympathique hôte, Adriana, nous a laissé un matin à un poste frontière entre deux régions argentines où, pouce levé, il nous a été facile de trouver une voiture. Un genre de super mamie nous a embarqué et tracé la route à 140 km/h à travers la steppe peuplée de guanacos (les lamas du coin), de ñandus (autruches) et de faucons.
Elle nous a déposé à Puerto San Julian, petite bourgade alors presque sans touriste connue pour avoir été le théâtre de la première messe catholique sur le territoire sudaméricain, lors d'une escale de Magellan et de ses marins en 1520. Nous sommes restés trois jours au camping municipal, le temps de se faire un resto, de faire un petit tour de la côte venteuse et (quand même, faut pas déconner) de voir le match Lyon-Real Madrid dans un bar. Les dernières 24 heures à P. San Julian, un chien nous a suivi partout, puis un deuxième quand il s'est agit de mettre le sac au dos et de rejoindre la station-service sur la Ruta 3, à cinq kilomètres de la ville. Particularité de ces deux toutous, dont vous vous en doutez la présence faisait le plaisir de Anne, ils coursaient les voitures, mais attention, uniquement les pick-ups!
En plus de cette habitude dangereuse, les chiens ne semblaient en aucune manière vouloir nous lâcher la grappe. Impossible de les faire s'éloigner et face aux automobilistes peu engagés à nous prendre pour nous mener à la station-service, nous avons été bons pour 1h30 de marche. Qu'importe! Je n'ai pas eu le temps de poser mon sac et de boire un peu d'eau que Anne avait déjà usé de son sourire ravageur pour nous dégoter un camionneur chilien qui transportait des voitures d'occase jusqu'à Punta Arenas.

C'est ainsi que nous avons fait la connaissance de Moises, 30 ans, qui dans un grand sourire sous sa coupe de cheveux improbable nous assurait, face à nos moues inquiètes que non, il ne fallait pas s'inquiéter, les sacs glissés sous une voiture à l'arrière du camion découvert, vingt mètres plus loin, ne risquaient rien. Il avait raison, et nous avons passé la journée dans son camion avec toujours le même paysage: la steppe, aride et plus ou moins vallonnée

Après les 300 premiers kilomètres, à Rio Gallegos, Moises a pris un autre jeune couple, des Chiliens de Punta Arenas qui redescendaient après leurs vacances. Très sympathiques, ces deux autres "mochileros" (voyageurs sac au dos) Jorge et Jessica nous ont bien renseigné sur leur ville. Le matin, nous n'avions pas prévu avec Anne de descendre jusqu'à Punta Arenas, mais puisque Moises y allait...
Nous avons donc passé la frontière chilienne, en plein désert, nous pressant pour ne pas être retardés car notre chauffeur nous avait prévenu : il a des horaires à respecter et si les douaniers nous retiennent pour une raison ou une autre, il nous laisse là !
Mais ce fut bon et deux heures plus tard, nous voilà arrivés dans ce que Jorge dénommait fièrement comme "la ville continentale la plus australe du monde" (Usuhaia se trouve sur l'île de la Terre de feu). Il était 21h, bientôt il ferait nuit et l'aide précieuse de Jorge et Jessica (en indications et petite monnaie) nous a permis de bien entamer notre séjour dans la cité.

(Fin de la session Julien, début de la session Anne ;)

A Punta Arenas, le vent souffle parfois, dit-on, si fort que la municipalité installe des cordes entre les édifices de certaines rues pour que les habitants arrivent à les traverser sans se faire culbuter, style 130km/h. Ouf, on n'a pas eu le temps de tester, je ne suis pas certaine que la tente aurait résisté!
mais les trois jours passés dans cette ville nous ont donné un avant gout de la fraîcheur qui nous attendait sur le trek!
Pour la première fois depuis qu'on est là, on s'est fait une virée culturelle traditionnelle: musée de la ville, vraie fontaine d'infos sur les populations indigènes et la manière dont ils ont été quasi rayés de la carte, et cimetière. Hallucinant de vie! Sur les tombes comme on en trouve chez nous est rassemblée une multitude d'objets ayant appartenus à la personne, genre tasse à maté, bâtons d'encens, petites voitures, peluches, cendrier, lunettes de soleil! C'est à se poser la question de ce que toi, tu voudrais qu'on mette sur la tienne!! Et à côté d'elles, des "immeubles" pour tous ceux qui se sont fait incinéré! Le tout coloré, verdoyant et entretenu! Un paradis de photo pour Julien!

Mais tout cela n'était que repos avant de repartir au quart de tour vers le Parc de Torres del Paine rejoindre Aurèl et Mag' et accéder à l'envie pressante de nos sacs à dos de se charger un peu!
10 jours de marche en quasi-autonomie avec un sac de 17 kg pour moi au début, 22 pour Julien! Mais des paysages de dingue, des journées à longer un glacier aux reflets rendus bleutés par le ciel gris, des rencontres supers (la première partie du trek étant un peu étiquettée "experts",  du coup on était une petite vingtaine á se retrouver aux campamentos le soir!), enfin de la nature brute et le plaisir de se dépasser! Et aussi, il faut l'avouer, la pluie, puis le soleil, le froid la nuit, les heures à trébucher dans la boue, les ampoules et les courbatures! On peut bien dire qu'on s'est sentis vivre!!!

Les photos pour vous donner une illustration de ce qu'on raconte arriveront un peu plus tard, puisque dans la ville de Puerto Natales oú on se repose quelques jours, les connections internet sont très lentes, alors on vous laisse patienter un peu!!

A bientôt pour de nouvelles aventures!