mardi 6 septembre 2011

Ça ne la tente plus !

Elle en aura fait des voyages, vu des paysages, des falaises encerclant Mafate sur l'île de la Réunion, aux ruines incas de Choquekirau, en passant par les vallées pierreuses de la montagne corse, les contreforts des Vosges du Nord et les pentes des volcans d'Auvergne. Mais là, elle n'en peut plus, elle craque, elle ne tiendra plus longtemps et heureusement pour elle le voyage arrive à sa fin.
Mais vu son état, c'est à se demander même si elle fera partie du voyage retour... Dans des conciliabules déchirants, oui, nous nous posons la question : faut-il ramener notre tente en France ou laisser ici ces tendres 3 kg de tissus et de métal et garder la place dans le sac à dos pour vous ramener des souvenirs?

Nous vous laissons constater les dégâts causés par les vicissitudes du temps et des campements sur cet écrin qui nous aura vu nous aimer (massages, parties de jambes en l'air...) et nous détester (Anne qui me conchie parce que je ne me lève toujours pas une heure après le premier réveil; moi qui veut quitter Anne parce qu'elle m'empêche de me rendormir depuis le premier réveil) :

Nous sommes à Puerto Iguazu, à la frontière de l'Argentine, du Brésil et du Paraguay. Et la tente est prête à lâcher...

Aterrés, nous avons constaté il y a près de six mois que les élastiques pour fixer les sardines commençaient à péter ! Il a fallu en remplacer !!


Déjà que les fermetures éclair nous jouaient des tours en choisissant certains moments - en général un orage - pour ne plus se fermer... 

... et voilà que pour couronner le tout, la vilaine se casse les arceaux, à l'avant ET à l'arrière. C'est un peu comme si tu te cassait un jambe ET un bras (du même côtés!), toi, humain.

Bon, en tout cas il nous reste encore deux nuits à passer dans la toile, ça devrait passer, d'autant plus qu'elle a supporté l'orage de la nuit dernière.

Laissez-nous vos suggestions pour la réparation ou la réutilisation de notre bonne vieille tente, et pour la fin du voyage, souhaitez-nous bon vent (pas trop fort quand même, elle pourrait nous faire un craquage total).

lundi 29 août 2011

Coups de fourchette ou de machette?

Une fois n'est vraiment pas coutume depuis le début de ce voyage, en ce moment même oú je vous écris, je dégouline litteralement. Nous sommes à l'Est de la Bolivie, dans les basses terres, dans une petite ville nommée Buena Vista, et il fait une chaleur étouffante. C'est assez désagreable toute cette sueur moite, mais en même temps, on ne peut s'empêcher de reconnaitre qu'on est bien contents d'avoir troqué nos doudounes contre un maillot de bain!

Chute en altitude

C'est à notre départ de La Paz, il y presque trois semaines, que tout a commencé. En une journée de bus, quittant notre famille adoptive bolivienne et sa maison située à quasiment 4000m d'altitude, on est descendus à 2500, à Cochabamba. On avait été invités là bas par Maxime, un belge en thèse d'agro quelque chose que nous avions rencontré en trek. Il nous accueille comme des rois, nous concocte une espèce de tartiflette à la bolivienne, avec jambon de poulet sans goût et fromage frais qui fait couic couic quand on mord dedans, et nous abreuve de conseils sur les parcs du coin. Suivant ses conseils, on s'en va le lendemain matin pour la région du Chapare, celle où se produit une grosse majorité de la Coca du pays. La feuille de Coca, celle qui est machée et utilisée quotidiennement depuis des centaines d'années par les habitants de l'altiplano et autres, et à laquelle on s'est fait depuis un petit moment. Ca soigne tout, c'est presque magique, donne de la force pour grimper en altitude, soulage les maux de tête, d'estomac... On se mettrait presque a la coc' au retour! On s'en va donc à quelques heures au Nord de Cochabamba, à Villa Tunari, à à peine quelques centaines de mètres d'altitude.

Du coup, forcément, changement radical de climat, c'est les Tropiques!!!!! Enfin!!! En deux jours, on passe des sommets enneigés et de la très haute montagne à un paysage de bananiers, les cocotiers, la forêt dense, les oiseaux aux chants débordants d'originalité, les insectes de formes et couleurs jamais imaginées, les moustiques, les fourmis, les singes!
On savoure à fond, dégoulinants du matin au soir mais heureux. Suivant les conseils de la nénette du mini office de tourisme, on va se baigner aux " Tres arroyos", censé être une piscine naturelle dans la rivière magnifique. On découvre une réalité qui nous dépite depuis le début du voyage: à l'endroit dit, les gens se lavent dans la rivière avec force savon, sous une affiche de pub géante pour un shampoing. On remonte un peu la rivière, on tombe sur des toilettes. On remonte encore un peu et découvre carcasses de voitures et hydrocarbures. Merci bien, mais on ne se baignera pas! Malgré la beaute des paysages ici, on reste cois parfois devant les quantités de déchets qui sont jetés n'importe où!
Après une dernière balade dans une réserve de serpents un peu abandonnée et la découverte d'insectes fous, on rentre à Cocha. Max nous a invités le lendemain, 15 aout, au défilé de l'Urqupiña, un défilé de milliers de danseurs et musiciens en costumes venus de tous les coins du pays! On passe la journée à leur rythme, julien se faisant plais' en photo, moi grignotant des spécialités et papotant avec ces expatriés francophones.

Retrouvailles "a la francesa"

Cela fait plus de deux mois maintenant qu'on a quitté Aurel et Mag pour la dernière fois, et n'étant pas très loin les uns des autres, on se rejoint à nouveau, avec plein de choses à se raconter!
Une nuit de bus nous amène à Santa Cruz, la capitale économique du pays, à l'est, du côté des frontières brésilienne et paraguayienne. Il est 7h du mat' quand on arrive mais déjà il fait très chaud. On prend un autre bus folklo, qui s'arrête dès qu'il y a des vendeurs d'oranges ou de mandarines sur le bas-côté, et 4 heures plus tard, nous voilà à Samaipata. Sur la place du village, deux bouilles blanches, roses ou barbues nous attendent, c'est Mag et Aurel!
C'est super, quand même, de voyager en parallèle avec eux, on a un peu l'impression d'être à la maison quand on se retrouve!
On pose la tente dans un camping de hippies, et se pose, pour quelques jours de détente et de plaisirs culinaires. Dans ce village vivent un fromager suisse et un charcutier allemand. C'est pas fou, ça? Pour nous ça l'est, car ça veut dire reblochon et lard fumé, ingrédients essentiels à la diète du specimen julienesque...et de nous tous! On se remplit la panse à mesure que notre porte-monnaie se vide, mais se couche heureux et repus!

Comme nous l'avait prédit une mamie dans le bus, à l'approche du week-end, le temps se gâte. Sans vrai froid, on ne peut pas passer à la saison suivante disait-elle. Eh bien, il se pointe vraiment, le froid. Surprenant, même, au point que le samedi, on va se balader dans une forêt de fougères arborescentes (oui oui Jess et Rod!) et qu'on se retrouve face à des fleurs tropicales grandes comme une main recouvertes d'une couche d'un centimètre de glace! Il y a comme un décalage que l'on n'aurait pas imaginé!


Dans la jungle à la machette

 
Le froid nous aide à décoller, et à se rendre au Nord du parc Amboro, dans la zone des basses terres, où on a décidé de faire un trek ensemble avant de se quitter. Le temps de trouver un guide, d'obtenir l'autorisation écrite d'entrer dans le parc pendant 4 jours (galére!), de rassembler de quoi se nourrir, de trouver un taxi qui accepte de nous rapprocher un peu (pas facile!), on s'enfonce dans la forêt vers l'entrée du parc. Interdiction formelle d'y pénétrer sans guide, c'est dangereux dit-on. Pour les animaux sauvages? Non, pour les traficants de cocaïne, installés bien à l'abri apparemment dans le parc. Soit.

1er jour, on retrouve Dalmiro, notre guide, à La Chonta, cabane qui marque l'entrée du parc. On convient avec lui de ce qu'on va faire, il a l'air étonné mais content de partir aussi longtemps, et nous voilà tous les 4, une fois de plus, en pleine nature avec notre sac sur le dos, munis cette fois-ci d'une machette! On ne sait jamais à quoi s'attendre, mais c'est ça qu'on aime! On commence à remonter el Rio Colorado, c'est géant, cette végétation luxuriante qui nous entoure! Les rochers glissants pour traverser la riviére nous font un peu moins tripper, Mag et moi, mais la beauté du paysage rattrape le coup! Peu de temps avant la tombée de la nuit, on pose notre campement, et guette les sons des animaux. Un tapir s'approche, mais ne se montre pas. Ca ne sera pas pour ce soir...

2éme jour. A six heures, je suis reveillée par le chant des oiseaux. Magique, je me léve, le soleil se léve lui aussi et le ciel est clair, les oiseaux chantent à tue-tëte, les poissons grouillent dans la riviére! Elle est pas belle la vie? Ca va nous manquer, ca, au retour, il va nous falloir au moins un jardin! Aujourd'hui, on poursuit la remontée de la riviére jusqu'à une piscine naturelle, un trou oú il doit y avoir pas mal de poissons. C'est frisquet, mais ca fait du bien! On laisse les affaires et s'enfonce dans la foret, oú Dalmiro et Julien ou Aurel selon les moments, tracent le chemin à la machette. Au détour d'une montée, Julien apercoit un animal posé dans un arbre. C'est une sorte de hérisson, mais de la taille d'un gros chat et aux pics proportionnels! Il parait qu'il les éjecte lorsqu'il se sent attaqué, on ne fait pas trop nos malins et le laisse en paix. Sans être hostile, la nature est bien sauvage ici, et pas question de poser ta main quelque part sans avoir jeté un oeil auparavant. Les fourmis grouillent, de toutes les tailles et vénénosité! Elles font des autoroutes sur des centaines de métres qui nous laissent rapidement augurer de leur organisation. On se croirait un peu dans "Les fourmis" de Werber à certains moments et se sent tout petits.

 
3éme jour. Avant d'entamer la redescente, on veut grimper un peu plus haut, mais il faut traverser la riviére dans des rochers à escalader et trés glissants. " Un chemin pour les hommes", a dit Dalmiro, " mais sans les sacs, les filles sont fortes, elles y arriveront!". On tente, évidemment! Mais je ne suis pas trés en forme et n'arréte pas de tomber. Concentrée et saoulée, je finis par foncer de pleine téte dans un tronc et lache l'affaire. J'arréte là! Julien, sympa, reste avec moi. Et ne le regette pas, puisque quelques minutes aprés, il apercoit un tapir. "C'est gros comme un veau", dit-il! On se pose en affut pour essayer de le voir à nouveau, mais il ne se remontre pas! Dommage. Pendant ce temps, Aurel a été pécher avec Dalmiro à la machette, et ils reviennent avec quelques belles prises!
 
4éme jour. Levés tot, on entame la redescente sous un soleil de plomb. Soudain, on tend le cri de singes araignées. On pose les sacs et grimpe dans la foret, et parvient à les retrouver. Ils sont toute une colonie, plusieurs dizaines, dans les arbres. Pendant de longues minutes, tout émus, on s'observe, eux et nous, eux criant, nous faisant le moins de bruit possible. Julien croit avoir ete reconnu comme l'un des leurs avec sa barbe, et l'un d'eux lui lance une branche. D'un coup, les males dominants se mettent à rugir plus fort, tous se taisent et ils s'en vont, dans un silence le plus parfait. On a l'impression de sortir d'un réve, d'une rencontre sans paroles. Plus tard dans la journée, on essaiera d'en voir d'autres, mais l'escapade dans la jungle ne nous améne qu'à nous y enfoncer jusqu'à la nuit tombante, à commencer à douter du sens de l'orientation de Dalmiro, pourtant hyper aiguisé, et à se retrouver, en fait, à quelques métres de l'ancienne cabane des gardes forestiers oú on va camper! Ah le blagueur!
 
5éme jour. On rallonge un peu ce qui était prévu, on est bien, là, et Dalmiro connait de bons coins pour l'observation des oiseaux! Une derniére belle balade dans cette foret humide nous offre dés l'aube un concert en direct de perroquets, d'espéces de dindons orange à houpette, de toro-toro au chant qui ressemble à une goutte d'eau tombant sur du métal et pleins d'autres. Lorsqu'on quitte Dalmiro, on a encore des sons plein les oreilles, mais on est vannés et ne réve que de se laver! Une bonne douche et des grosses frites maison aprés, on s'écroule tous! 


Chaque jour nous rapproche un peu plus dangereusement de notre départ, et c'est avec un petit pincement au coeur que cette fois-ci on quitte Magali et Aurelien. Ces jours-ci étaient les derniers passés ensemble sur ce continent! Ce matin, Julien et moi partons en direction du Paraguay, et Aurel et Mag s'en vont vers le Nord de la Bolivie!

Mais l'aventure n'est pas terminée, alors je me dépéche de vous quitter pour aller en profiter!!Des gros bisous a tous, et à trés bientot!!! 

samedi 6 août 2011

Le Pérou, c'est fini, les soeurettes aussi! Bienvenus en Bolivie!

Hola amigos!

Plus de six mois déjà qu'on a quitté le sol européen pour s'en aller à la découverte d'autres facons de vivre! Ca passe, didon, et pour chacun de vous aussi pleins de choses bougent et ca fait plaisir!


Les dernières semaines ici nous ont enfin offert un climat un peu plus doux, voire très chaud! Un bien fou! Pouvoir se laver les cheveux sans se dire "oh non, je vais cailler après"!!! Ou tout simplement se préparer à manger dehors sans devoir faire des flexions-extensions toutes les cinq minutes parce qu'on a les pieds engourdis, c'est bon!


Après avoir retrouvé ma soeurette Sabet, sa copine Anne et leur pote Mickael à Arequipa, dans le sud du Pérou au début du mois de juillet, on se sépare pour quelques jours.


Pour Julien et moi, c'est direction Puno, ville connue pour être sur la rive du lac Titicaca, le lac navigable le plus haut du monde. Puno est bien en altitude, de fait, à quelques 3827 m au dessus du niveau de la mer! Le froid ambiant est pourtant bien compensé par la chaleur de la famille d'Hernan, qui nous accueille chez lui. Les trois premiers jours se passent entre découvertes culinaires diverses et balades dans cette ville faite de bric et de broc, d´étals de fruits, légumes, outils, vêtements dans les rues à même le sol, taxi, mini bus en veux-tu en voila, et espèces de triporteurs, les taxi-motos. Rien à voir avec la Arequipa proprette et coloniale, la région de Puno est une des plus pauvres du Pérou. Ici, on sent la difference de niveau de vie entre la nôtre et la leur. Ce qui n'empêche pas, bien au contraire, les gens d'être souriants et de s'accomoder de ce qu'ils ont. Le papa d'Hernan, nomme Hernan lui aussi, se prend d'affection pour nous, et après avoir passé une bonne heure à observer comment je cuisine un Tajine de boulettes pour toute la famille, m'apprend le lendemain à cuisiner le Ceviche, cet espèce de carpaccio de poisson cru! Un délice, et un bon moment de partage!
Hernan, le fils, a un hôtel, mais en découvrant le concept d'échange du couchsurfing, il a adoré, s'est inscrit, et lorsque nous arrivons, il y a déjà trois autres personnes chez lui, un francais, Robin, un argentin, El Parajo, et un paraguayien, Patricio, avec qui on passe des soirées bien festives!


Quelques jours plus tard, c'est la date fatidique! Mes deux soeurs et leurs accompagnateurs, Francois pour Tété, Anne pour Sabet, nous rejoignent! Je suis tellement excitée qu'on passe presque quatre heures à les attendre au terminal de bus, et les retrouvailles sont des plus joyeuses!
On se fait trois jours de papotage, de balades, de mini-croisière sur le Titicaca, et nous revoici nous séparant! Il est temps pour Sabet et Anne de prendre leur bus de plus de 70 heures pour rallier Buenos Aires d'où elles décollent dans quelques jours!
Et avec Tété et Francois, on monte à Cuzco. Ici, on n'est "plus qu'à" 3000 m d'altitude et il fait déjà moins froid, on est contents!!


Pour contourner un peu l'industrie du tourisme qui sévit à Cuzco avec le Macchu Picchu, tout en pouvant découvrir les merveilles laissées par le peuple Inca, on a repéré depuis un moment un trek qui a l'air super. Le temps de louer un peu de matos pour Francois et Tété, et nous voici partis en direction de Cachora. Quatre heures de mini bus, taxi et autres et nous voici, sac au dos tous les quatre, en route. Ce trek de deux jours aller, deux jours retour nous amène à ce que les guides nomment "l'autre Macchu Picchu", le Choquequirau. La balade semble ardue, et beaucoup nous recommandent de prendre des mules, un guide, des cuisiniers ou que sais-je encore, mais le sentier étant très bien marqué, on décide néanmoins de s'y rendre tous seuls.


Premier jour, après une montée douce de quelques heures, on aperçoit, vue d'en haut, notre route pour les prochains jours: une descente jusqu'à la rivière qui sépare les deux montagnes, soient quelques 1500 m de dénivelé. Puis la montée, de l'autre côté, soit le même dénivelé, mais en positif, ouah! Normalement, le troisième jour, c'est plus cool, un peu de plat jusqu'aux ruines de l'ancienne cité. Ensuite, ce sera le chemin inverse, on redescend et on remonte tout!
Okay! Ca n'a pas l'air facile, et chacun se conditionne comme il peut, enfin nous surtout, Julien, lui, aime l'effort, il aime monter beaucoup, que ce soit difficile ne l'effraie pas, tant qu'il y a de nouvelles choses à découvrir!
Le premier soir, on dort donc tout en bas, et il fait bon!!!! On est aux anges, petit T-shirt, vent doux, que c'est agréable! Cela doit vous paraître tout à fait normal, à vous copains francais qui crevez de chaud depuis plusieurs mois maintenant, mais pour nous, ca n'est pas très courant depuis notre départ! Tout autour de nous, des papayers, des bananiers, en plus on est tous seuls, avec le papy qui habite à côté!
Lendemain, deuxième jour, la terrible montée nous attend! On l'entame tôt, comme on nous l'a conseillé, mais ça reste de la pure montée pendant...six heures! Julien et Francois devant, Tété et moi à notre rythme, qu'est ce qu'on est fiers quand on arrive en haut!
On passe la soirée dans la famille du petit Benjamin qui devient le copain de François, attablés devant un délicieux plat de riz, frites et oeuf frit. Ah oui, au Pérou, c'est comme au Portugal, c'est riz et patates à tous les repas!
Troisième jour. Le soleil se lève sur la montagne, et cette fois-ci on le voit d'en haut, on l'apprécie d'autant plus! Après une heure de marche et un montage de tente en deux-deux au camp de base, on part à la découverte des ruines. Par là, le centre administratif. Plus haut, une esplanade qui devait être le centre de la ville, le réseau de canalisations d'eau, très savant et desservant toute la cité. Le centre religieux, tout en haut de la montagne. Les jardins, où étaient cultivés les fruits et légumes destinés à l'Inca, le chef Inca, en terrasse. Roberto, le papa du petit Benjamin, a appris plein de choses à Julien hier soir sur cette ancienne cité, et il nous partage ses anecdotes. Heureusement, parceque mauvaise comme je suis, j'ai du mal à apprécier à leur juste valeur ces ruines! Le soleil se couche tôt, ici, à 17h45 il fait nuit, alors on se depêche un peu, mais prend tout de même le temps de descendre à plus de 500 m en contrebas, vers des terrasses dans lesquelles sont incrustés des dessins de lamas en pierre blanche. On se rend bien compte ici de l'ingéniosité de cette ville: inaccessible sans être repéré, car située au sommet de la montagne. D'un site à l'autre, on ne devine pas le précédent, même si quelqu'un parvenait à un des sites, il n'aurait pu soupçonner, avant d'être vu, l'existence du reste. Au jour d'aujourd'hui, il n'y a que 70% du site qui a été mis à jour, les fouilles continuent. On apprécie d'autant plus la chance qu'on a d'être là, seuls, à imaginer la vie passée des habitants de cet empire autour duquel circulent tant de légendes et d'inconnues. Qui sait comment sera le site dans dix ans lorsque les cars de touristes pourront s'y rendre?
Quatrième jour. On fait deux groupes: Francois et Julien vont voir d'autres parties des ruines, avant de descendre à la riviere et de remonter au campement suivant. Thérèse et moi, on descend de suite. A 14h, après une petite heure de montée sous un cagnard écrasant et des pauses toutes les trois minutes, on arrive toutes les deux à un campement de rêve. Un oasis dans la montagne aride, des bananiers à foison, de l'herbe grasse. On se pose, tranquilles, et se repose en attendant les gars. 18h, il fait nuit noire, ils ne sont toujours pas là. On refuse de s'inquiéter et s'occupe l'esprit. 19h30, on apercoit enfin leurs frontales, Francois à bout de force, Julien portant les deux sacs à dos. Ouff!!! Francois a été malade et a perdu toute son énergie tôt ce matin, et l'étape était très longue...Heureusement que ces deux gars ont l'esprit sportif et une volonté de fer...
Plus de peur que de mal, mais on décide de prendre un jour de repos, pour reprendre des forces avant d'entamer l'ultime ascension qui nous ramènera à la civilisation! Car ici, on croise un peu de monde, mais tous sont à pied ou en mule, bien évidemment, pas de voitures!
Sixième jour, du coup, on décolle de nuit, tout doucement, afin d'éviter le cagnard. Et quand on arrive en haut, pu...., on est fiers!!!!Une super balade, 6000 m de dénivelé positif selon Julien notre guide, avec des supers paysages, mais un sacré dépassement de soi pour chacun! Sacrés Tété et François qui viennent nous voir et qu'on emmène dans nos aventures!


De retour au Cuzco, on se fait péter un gros restaurant bien mérité! Car le lendemain, déjà, Tété et Francois repartent pour Lima d'où ils décolleront.
On est déjà fin juin, et cela fait un mois que l'on voyage avec mes soeurs et leurs accolytes! Une autre page de notre voyage se ferme, nous laissant de supers souvenirs à tous! Si si, même Julien a apprecié la compagnie de ces autres Florence!


Il est temps de repenser à ce qu'on a envie maintenant! Alors ce sera la Bolivie. Sabet nous a laissé un contact à La Paz, la capitale la plus haute du monde, oscillant entre 3200 et 4000 m d'altitude. On contacte ces deux soeurs, Jhenny et Patty, et depuis plus d'une semaine, nous voici dans leur famille, sur les hauteurs de La Paz. C'est rigolo, leur frère, Ronny, est en ce moment-même à Strasbourg! Les boliviens sont supers accueillants, et on se sent bien dans cette ville. Vivre en famille en plus est toujours très intéressant et enrichissant pour nous comme pour les gens qui nous accueillent. On passe des heures à discuter tout en vacants aux activités quotidiennes. Aux alentours, il y a plein de chose à faire, la région de la Paz condensant à elle seule plusieurs types de milieux naturels: des sommets dépassant les 6000 m d'altitude, on passe en quelques heures de bus à des forêts tropicales à pas plus de 1200 m.


Plutôt que de le faire en bus, on choisit d'apprécier l'évolution des paysages à pied, en faisant un trek de trois jours, nommé El Choro, qui part de la Cumbre, à 4879m et va jusqu'à la petite ville de Coroico, aux portes des Yungas, la jungle locale. Le sentier emprunte un chemin pavé pré-inca, bien plus sinueux que nos routes romaines! Les changements de paysages nous laissent ébahis, même si du coup on retrouve avec moins d'enthousiasme les mini-mouches voraces, qui s'en donnent à coeur joie avec nos peaux fines et blanches! D'un autre côté, on a la chance d'observer des insectes de toutes les couleurs, et on sait que ca n'est qu'un avant-goût de toutes les bébètes que l'on va côtoyer un peu plus au Nord, dans la forêt!


Aujourd'hui, on est le 5 août, et pour la premiere fois depuis plus de six mois, on s'est séparés quelques jours. Julien est parti il y a trois jours découvrir le cadeau pour ses 30 ans: l'ascension d'un sommet à 6088m, le Huayna Potosi. Il devrait revenir d'une minute à l'autre, alors je lui laisse la parole...

ah ben...il est HS, mais entier, alors ce sera juste une petite photo!
A bientôt, et profitez tous de votre été!

Pfff! Les photos, j'abandonne, cela fait trois jours que j'essaye d'en charger, et ca n'est pas possible, ou sinon, une toutes les 45 minutes quand je me mets à danser devant l'ordinateur! Alors définitivement, ce sera pour le retour! Désolée!

dimanche 3 juillet 2011

Derrière nous, le nord chilien, devant nous, le sud péruvien.

Hey OoOoOo!!!

On a pris notre temps, et on est restés fidèles à notre projet de départ. Prendre le temps de voyager et de rester si on se sent bien avec les gens qu'on rencontre est notre devise depuis que l'on a quitté la France, mais ça y est, depuis quelques jours, on est sortis du Chili!!

Presque quatre mois dans ce pays qu'on connaissait si peu avant d'y mettre les pieds. Des rencontres très fortes, de l'émerveillement devant la générosité des nombreuses personnes rencontrées , des moments de transcendance face à la nature si impressionnante et variée, des petits plats délicieux et des heures à cuisiner, des rires partagés, chaque jour ou presque! Ah, même si notre voyage s'arrêtait aujourd'hui, on rentrerait sans regrets!

Le Nord du Chili nous a dévoilé des paysages à l'opposé du Sud. Là-bas on a connu des forêts vertes, ici des cactus, là-bas des lacs et glaciers, ici des océans de sel, de sable ou de souffre, là-bas la pluie et l'humidité, ici un soleil écrasant et la poussière.
Les gens nous le disaient, le vivre est tout autre chose!

Le 14 juin, nous sommes arrivés à San Pedro de Atacama, au niveau de la frontière bolivienne. San Pedro, c'est une oasis dans le désert. En réalité, mis à part les oasis et la côte pacifique, tout le nord du Chili est désert. Désert de sable ou de rocailles, mais quasi vide de végétation.

A San Pedro, nous avons été accueillis par Enrique qui, malgré l'exiguité de la pièce unique dans laquelle il vit, s'est montré très généreux. Le village est hyper touristique et on y croise plus de blonds aux yeux bleus qu'autre chose, super, on adore!
Mais les alentours en valent la peine. Les dunes. Le sable à perte de vue, sur lequel se couche le soleil, détaillant toutes les nuances de l'arc-en-ciel. Les grottes creusées par le vent dans lesquelles on se faufile de nuit. Une montagne rocailleuse qui surplombe un canyon, que l'on escalade avec notre pote Mario. Un peu plus loin, et plus haut, presque à 4000 m d'altitude, des geysers. Des piscines termales dans lesquelles je me suis baignée, malgré les quelques degrés en dessous de zéro, passant pour la starlette des Chiliens qui me félicitent et me trouvent vaillante. Ha ha, s'ils me connaissaient, moi la chochotte, mais Vosgienne, nan?
Température extérieure: 0, max intérieur: 70 degrés.
Et quelques super rencontres. Par l'intermediaire d'un couchsurfer, on rencontre Mario, journaliste Santiaguinien qui a plaqué son poste à la CNN il y a peu pour voyager avec sa titine jaune citron. On s'entend bien, et on arpente ensemble les alentours de San Pedro, s'enlisant dans le sable ou passant des heures au sommet d'une dune de la vallée de la mort à attendre que la lune se lève et donne un nouveau visage aux roches constellées de quartz.
El Valle de la Luna, qui serait l'endoir au monde dont la géographie se rapporche le plus de celle de la lune...

Au bout d'une semaine et d'aventures loufoques, on reprend notre sac a dos et repart pour une nuit de bus et encore quelques 1000 km. Ma ptite soeur Sabet et sa copine Anne ne sont plus qu'à quelques centaines de kilomètres de nous maintenant!

L'escale à Arica, à la frontiere Nord du Chili, soit à presque 6000 km de Punta Arenas où nous étions quatre mois avant (j'ai vérifié mes sources depuis le dernier Post!), nous offre mieux qu'un simple passage. Sur la côte pacifique, c'est un des spots de surf les plus importants du pays.
Italo nous y accueille. Un rasta de 35 ans qui nous donne de suite sa confiance et nous partage sa nonchalance! On rit, on se balade des heures le long de la plage et on finit la journee par une soirée à la Aricana: sur une plage au nord de la ville, en face de l'école militaire, avec du son dans la voiture et des bières. C'est trop rigolo, sur plusieurs centaines de mètres, des voitures sont garées face à l'océan. Dans et autour de chacune, un groupe de potes, un style de musique et une ambiance! J'adore! Régulièrement passent les pacos (les flics). On baisse le son quelques minutes et la musique reprend de plus belle! Avec le petit vent chaud qui souflle, on arrive presque à sentir le climat dans lequel baigne la France depuis des semaines, et ça fait du bien!

Notre hôte à Arica, Italo.

Le lendemain soir, on a la chance d'assister à un défilé Aymara, la communauté indigène la plus importante de la zone. Des heures de danse, de musique, de costumes et de froufrous qui font la joie de Julien le photographe.

Le surlendemain, le 22 juin, au petit matin, nous faisons nos adieux à Italo et grimpons dans un train! Cela faisait longtemps! Il nous amène à Tacna, de l'autre côté de la frontière, au Pérou! Ce soir-la, on a rendez-vous avec Sabet, je suis toute fofolle!

Quelques heures plus tard, elle et Anne (et oui, on est deux!) nous accueillent avec un repas de fruits exotiques dans le petit hôtel qu'elles ont choisi, à Arequipa.
Les jours qui suivent ne sont que papotage, petits dej' qui durent des heures, jeux et balades! On se sent en vacances!!!
Au bout de quatre jours, on s'agite un peu, et nous voici en route, cahin caha, sur une route caillouteuse pour nous rendre dans le cañon de Colca. Par chance, le jour de notre arrivée au village de Cabanaconde, c'est jour de fête au village, il y a une corrida! Les toreadors étant tous ronds comme des queues de pelles, ils ne font pas grand mal aux torreaux, ce qui nous laisse tout le loisir de profiter de la beauté des robes et chapeaux traditionnels des femmes au milieu de montagnes cultivées en terrasses d'inspiration Inca. Bienvenue au Pérou!

Le trek qu'on a choisi nous amène le 1er jour à descendre plus de 1000m de dénivelé, dans le creux du cañon. Là en-bas, coule une rivière, et la nature s'exprime. Fleurs de toutes les tailles et couleurs, avocatiers, figuiers, citronniers et autres se partagent l'espace. Le 2ème jour, on longe cette rivière pour arriver à ce que par ici on nomme l'Oasis. En réalité, un endroit plus large du fond du cañon où les hôtels avec piscine d'eau de la rivière ont poussé comme des champignons. C'est pas grave, c'est trop beau, il fait bon et on est tout heureux de se baigner!!
Le spectre de la montée du lendemain nous hante, mais ne nous empêche pas d'en profiter. Et jusqu'au bout! Le 3ème jour, tout le monde entame la montée a 5h, dès le lever du soleil. Nous non, on se baigne jusqu'à 11h. Erreur! Les 1012 m de dénivelé positif sous le cagnard entre 2000 et 3000 m d'altitude nous donnent envie de crever!
Chacun son tour en bave, mais après 3 h pour Julien et 4h pour nous les filles, on arrive à bout de cette montée interminable!!!Victoire!!!

Trop fiers de nous, mais la difficulté à respirer à cette altitude nous prend un peu au depourvu!
Vivement les prochains treks plus hauts!!

Pour nous reposer de ce trek et parce qu'on se sent vraiment en vacances avec les filles, on rentre à Arequipa, et nous revoilà depuis 4 jours dans le même hôtel qu'avant!
Les nénettes en visite culturelle à Arequipa
C'est rigolo et on en avait besoin, même si la capacité de grandouille de Julien est bien plus importante que la mienne! J'essaye de me fondre au rythme de la petite bande, et je dois avouer que depuis hier je m'y fait bien!

Mais demain nous repartons. Aujourd'hui, Mikl, un copain de Sabet et Anne nous a rejoint, et tous les trois vont se balader chez un copain de Mikl. Pendant ce temps, nous nous en allons à Puno, au bord du Lac Titicaca, chez un couchsurfer. En fin de semaine, on devrait tous se retrouver là-bas, avec en plus Tété et Francois! Les soeurs Florence réunies, ça faisait longtemps! Bon courage Julien!!!

vendredi 1 juillet 2011

Des photos de Valpo!

On vous a mis en lien ci-contre quelques photos de notre passage à Valparaíso, alors allez-y et n'hésitez pas à nous faire part de vos critiques (bonnes et mauvaises!).

dimanche 19 juin 2011

Des kilomètres plus haut, Santiago et Valpo

Buenas tardes amigos!

Ca y est, nous avons passé la moitié de notre voyage ici, et nous sommes arrivés à une latitude plus haute que celle de notre point de départ, Buenos Aires!
Pas si facile que ça, le Chili fait quand même plus de 4000 km de long, et la position du pays, un bout de terre entre la mer et la cordillère, qui fait frontière entre le Chili et l'Argentine, permet des paysages et des gens vraiment différents.

Nous sommes partis depuis quelques jours de Santiago, la capitale, qui concentre à elle seule un tiers de la population nationale. Une ville énorme de laquelle nous n'arrivions plus à partir!

En quittant l'appartement d'Emilio il y a trois semaines maintenant, on est allé à Valparaiso, Valpo pour les intimes, une ville absolument folle visuellement. Depuis quatre mois, nous ne voyons que des villes construites à l'américaine, quadrillées. Ici, on ne t'indique pas la direction en rues , mais en "cuadras", ou pâtés de maison, puisque de toute façon, il n'y a pas de diagonale ou de rue tordue!
A Valpo, si. La ville est contruite sur des "cerros", des sommets, au bord de l'océan. Elle n'a jamais été fondée; des gens s'y sont juste installés, il y a longtemps, ce qui en fait une des villes les plus anciennes du pays, à l'architecture disparate et anarchique. Ici, il n'y a rien que des escaliers, des impasses, des rues qui montent et qui descendent, qui s'entremêlent. Sur certians cerros à pic, subsistent des ascenseurs (funiculaires) qui datent du début du siècle. Ce méli-mélo un peu à l'européenne apporte déjà un certain cachet à la ville. Mais surtout, la ville est peinte, graffée, mosaïquée de toutes parts. Pas un mur, un banc, une placette, un monument qui ne soit transformé par un artiste en herbe. Après trois jours de balade dans la ville, et ce, malgré les visites guidées de Isadora, notre hôte, sûr qu'il nous reste de très nombreuses oeuvres inconnues! Des couleurs, des couleurs, un grand plaisir pour tous les deux!
Connaissant de réputation la ville, on offre juste avant d'y partir une petite toilette à l'appareil photo de Julien, et il s'enflamme! Des claps claps dans tous les sens, capturant les couleurs, les formes et les messages les plus variés!

Valparaiso est aussi une ville très étudiante, et c'est pour cela qu'Hélène, une copine à moi, était venue étudier ici. C'est là qu'elle a rencontré Isadora dont elle m'a donné le contact lorsque nous sommes arrivés au Chili. Dès le premier mail, Isadora nous invite à visiter ses parents, sa grand-mère et toute la famille, que nous avons rencontrés au fur et à mesure de notre périple. Enfin, c'est elle que nous rencontrons, et on n'est pas déçus! Elle nous balade dans cette ville où elle fait ses études, et j'ai l'impression de revivre des bribes de mes années fac!

Valparaiso est collée à Viña Del Mar, son penchant plus bourgeois. Plus au sud, nous avions rencontré Joaquin et Carolina, qui nous avaient invités chez eux à Viña, et nous allons y passer une nuit. Leurs familles respectives, très originales, nous accueillent comme des rois. Et Joaquin et Carito semblaient avoir préparé notre arrivée depuis longtemps. Après des discussions fortes intéréssantes, on a droit à un tour de leurs bars préférés! ouh! En quelques jours, on refait le plein de fête après les quelques mois passés à vivre plutôt la journée!

De retour à Santiago, on profite d'être accueillis par une couchsurfeuse franco-chilienne très open, Manuela, pour vadrouiller de droite à gauche. Deux jours de "safari" en 4x4 (prêté s'il vous plaît!) avec Aurél et Mag sur la côte et dans un canyon nous permettent de faire une vidéo bien drôle à offrir à nos copines strasbourgeoises Anne et Céline pour leur trente ans.
Mais ce qui tient à coeur ici à Julien, c'est de pouvoir aller tâter l'Aconcagua, le plus haut sommet d'Amérique avec ses 6962 mètres, situé à l'Est de Santiago, du côté Argentin de la Cordillère. Mais l'hiver est bien installé ici, même si cela ne se note pas beaucoup dans la plaine, et le passage, à plus de 3000 m d'altitude, est bloqué par la neige. 
Le dimanche 5 juin, on ne peut donc pas partir. Le lundi 6, non plus. On revoit les rando prévues et se donne une dernière chance pour y aller le mardi, et juste faire quelques photos. Le mardi 7 juin, le passage rouvre, et on commence à grimper en bus. Le temps reste mauvais, et le chauffeur rechigne à nous laisser au Puente del Inca, un village situé juste après la frontière, du côté Argentin. Camper là-haut, c'est de la folie, il fait quelque chose comme -3ºC, il neige un peu et il y a beaucoup de vent, alors qu'il est midi. Et le passage risque fort d'être bloqué à nouveau dans quelques heures... Ce soir, nous ne rentrerons pas à Santiago!
On suit les conseils de tous, en descendons jusqu'à Mendoza, capitale du vin argentine. On n'avait pas prévu cela mais tant pis, on s'adapte!
Le lendemain mercredi, on se lève en croisant les doigts pour que le passage ait rouvert. Un rapide passage sur Internet m'indique qu'il a neigé 72 cm la nuit dernière....ahhhh! Mais un appel à la gare routière nous apprend que la frontière est ouverte! Oh joie! Et oh, confirmation qu'il faut toujours vérifier ses informations!

Nous voila donc repartis pour 8 heures de bus, comme une journée de boulot me dis-je, collés sur les sièges avant d'un mini bus, avec en prime un chauffeur qui a envie de papoter! Et un grand soleil cette fois-ci!Pré-cordillère parsemée de vignes, terre ocre et rouge, puis cordillère aux sommets abruptes, la neige sur le sol nous indique que nous arrivons à 3000 m, et voici le poste de frontière. Des kilomètres de camions sont à la queuleuleu, espérant, aujourd'hui, pouvoir passer avant que le passage ne referme! Il faut dire ce passage est un des plus importants, reliant les deux plus grands ports de commerce que sont Valparaison et San Antonio, à l'Est du continent: Argentine, Urugay et leurs voisins. Le transport ferroviaire étant très peu développé, tout se fait en camion, et les routes de montagne en laçet ne sont pas toujours praticables!

Le passage de la frontière n'a jamais été si long. Souvent, on est passé à pied, les carabiniers nous demandant, juste pour la forme, si nous n'avions pas de choses interdites dans nos sacs! Cette fois-ci, c'est fouille en règle! Le Chili est très pointilleux sur le passage de produits naturels, nourriture, plantes, cailloux. Alors que mon sac à main est posé sur la table de fouille, le chien se met à le sentir! Que diable! J'ai un bouton en bois, avec lequel j'ai réparé mon sac depuis que la fermeture éclair a lâché. Rien à faire, l'officier m'oblige à le découper sous ses yeux! N'importe quoi!

Après une dernière soirée avec Manuela, et presque trois semaines à Santiago, nous voici enfin en route pour le Nord. Ma soeur Sabet est en Amérique du sud depuis plus d'un mois et on n'a pas encore réussi à se rejoindre, si on ne monte pas vite maintenant, on se loupera! Et si on ne remonte pas, on passera tout notre voyage au Chili!!

Alors c'est parti! 500km plus haut, nous voici à La Serena. On part rapidement un peu à l'Est, à une heure de bus, dans la Valle de l'Elqui, où on trouve avec plaisir de la chaleur, de la vraie, celle qui te permet de rester en débardeur toute la journée! Du bonheur pur, ça faisait vraiment longtemps qu'on n'avait pas eu cela! Si on est venu dans cette vallée, c'est qu'y sont installés de très nombreux observatoires, dont un accessible de nuit, le Mamalluca. Même si la visite se fait en groupe, on se fait plaisir, à observer la lune, les étoiles, et surtout Saturne, et ses anneaux!
Une petite journée en plus pour grimper en haut d'une des montagnes avoisinantes et se faire un bel asado au dîner et nous revenons à la Serena.

Ce soir, c'est le grand saut: 16 heures de bus pour remonter d'une traite de plus de 1 000 km. Cela fait deux mois qu'avec Aurel on se dit, "il faut remonter, hein, une grosse distance d'un coup" et qu'on n'y arrive pas! Et bien voici venu ce moment, qui nous rapproche à grand pas du Pérou, mais aussi de Sabet et Anne sa copine, et de Tété et François qui arrivent dans trois semaines!

Alors en route, et à bientôt!

dimanche 22 mai 2011

Que n'as-tu pas fait avant tes 30 ans?

Salut la compagnie!

Vous attendiez la bave aux lèvres la suite de votre feuilleton sudaméricain... La voici!
(Visez aussi le lien ci-contre pour de nouvelles photos)

Nous vous avions laissés à Puerto Montt; nous continuons notre périple en direction du nord. Prochaine étape, à quelques dizaines de kilomètres, Frutillar. Nous arrivons le 28 avril dans cette petite ville bordée d'un lac avec une vue imprenable sur la cime enneigée du volcan Osorno. Sur le lac est posé un grand et beau théâtre tout neuf dans lequel nous assistons à un concert de guitare classique donné par un Québécois, Rémy Boucher.
A Frutillar se ressent l'influence de la colonisation allemande (XIXe siècle), dans les maisons, les jardins sans une herbe qui dépasse et les gâteaux, que l'on nomme d'ailleurs "kuchen". Il y a même un papi, un tout vieux, qui en constatant que nous sommes plus blonds que basanés nous demande si nous ne sommes pas Allemands. Venu d'Outre-Rhin, cela doit faire des décennies qu'il vit là mais son accent espagnol est encore pire que le mien, et il nous chante même la Marseillaise. Il n'a pas le temps d'entamer le deuxième couplet, notre bus arrive.

Et nous voici le samedi 30 avril à Osorno, 60 km plus loin, oú Rodrigo, un couchsurfer contacté en urgence, accepte de nous héberger. Nous débarquons dans son appart', au quatrième étage d'une des rares barres d'immeubles de cette ville de 200 000 habitants. Vite, on se rend compte que lui, c'est un bon. Nous apprenons à nous connaître au cours de longues soirées. Rodrigo, alias El Chino, nous raconte le tremblement de terre de février 2010 ("le sol faisait des vagues comme la mer") ou ses expériences energétiques. Nous partageons nos goûts culinaires (Anne surtout) ou footballistiques (moi surtout). Il nous fait part également de ses terrifiants souvenirs d'enfance, quand au temps de la dictature cet enfant de communistes voyait débarquer les hommes de Pinochet qui n'avaient aucun scrupule à pointer leur mitraillette sur un gosse.
Côté festif(qui n'est pas en reste ici!), Rodrigo nous présente ses potes et potesses, nous suons de la fièvre du samedi soir locale dans le sous-sol d'un bistrot et participons à un cours de salsa (si si, même moi) avant de se jeter une bière dans un bar Colombien. De bonnes expériences qui nous font réaliser avec Anne et El Chino que le meilleur endroit pour fêter mes 30 ans, le vendredi 6 mai, c'est chez ce dernier (en passant, grand merci à tous pour vos messages!).

Une cravate! Merci Aurélien, merci Magali!

Mais avec Anne nous voulons aussi profiter de la nature verdoyante proche d'Osorno et donc avant la fête, nous partons pour deux jours de marche dans le parc Puyehue, à 1h30 de bus. Petit problème: une grosse pluie et des sentiers fermés par sécurité. Il faut dire qu'ici l'automne est bien avancé et ce n'est plus la saison touristique, d'ailleurs depuis un bon mois, les seuls Européens en sac à dos que nous croisons sont Aurèl et Mag. Nous restons quand même dans le parc pour la journée, nous contentant d'une balade humide d'une bonne heure. Et quitte à être mouillés, nous profitons de la piscine découverte du coin, chauffée par une eau qui dans cette région volcanique sort du tuyau à 75º C. Puis nous rentrons à Osorno dans la peite voiture d'une famille dont la fille de 15 ans a fait de Anne sa copine tandis que nous faisions trempette.

Revenus chez Rodrigo, nous préparons la fête du vendredi. Coupe de cheveux et taillage de la barbe sont de mise! 30 ans, non? Ce soir-là, Aurèl et Mag sont attendus pour partager le repas avec nous trois. Les retrouvailles sont joyeuses, puis les potes de Rodrigo se pointent et la soirée passe aussi vite que les verres d'alcool dans le gosier. Je ne vous raconte pas la soirée en détails, d'autant plus que de nombreux souvenirs restent flous... Mais la fête est digne d'un 30e anniversaire, auprès de ma petite femme, avec la chaleur amicale et le repas de Rodrigo et les excellentes surprises tout au long de la soirée et de la nuit apportées par le couple infernal, j'ai cité Magali et Aurélien. Sur le thème "Que n'as-tu pas fait avant tes 30 ans?", ils me proposent différentes épreuves à accomplir si je veux une récompense. J'ai donc durant la nuit la chance, par exemple, de me brosser les dents avec du pâté ou de me retrouver maquillé sur la piste de danse du bar oú se poursuit la fête. Au petit matin, c'est dans une espèce d'entrepôt dédié à la fête que nous atterrissons, et les quatre Français que nous sommes semblent être le centre d'attention des dizaines de personnes présentes. Nous restons peu, rentrons, je m'écroule sur le matelas et m'endors.

Le temps de nous remettre de ces émotions, de faire nos adieux à Mag et Aurèl et nous reprenons la route lundi 9 mai. Le bus nous conduit à Cañete, petite ville oú vivent Carola et Gonzalo, parents d'Isadora, une amie d'Hellène, copine de Anne. Ces deux intellectuels bien sympas nous en apprennent beaucoup sur le peuple mapuche (de "mapu"= terre et "che"= gens) , les indigènes du sud Chili. En face de leur maison subsistent les restes d'un fort fondé en 1553 par les Espagnols et détruit par la résistance mapuche, parmi lesquels figurent des héros comme Lautaro ou Caupolican. Le Chili est un vaste mélange de toutes les origines qui le forment, chacun semble avoir du sang mapuche et du sang européen et les noms des rues rendent autant hommage à la cause mapuche qu'aux hommes de la colonisation et de l'indépendance.
Cependant il existe des communautés mapuche oú se cultive une certaine manière de voir le monde et oú subsistent rituels et artisanat traditionnels. Pour en apprendre un peu plus, dans la semaine nous allons rencontrer la famille mapuche d'une amie de Carola, Eliana Leviqueo. Au cours d'un sympatique après-midi, elle et son mari, ses frères et soeurs, enfants et petits-enfants nous parlent de leur culture, nous offrent le repas et nous expliquent un peu ce que représente le fait d´être mapuche. Anne, toujours à faire sa coquette, ne peut s'empêcher d'acheter des boucles d'oreille en argent fabriquées par Eliana.

Quelques-uns des membres de la famille Leviqueo.

A la fin de la semaine, nous faisons une parenthèse de trois jours en quittant Cañete pour Tirua. Le but est de rejoindre l'île Mocha (que nous nous amusons à surnommer "île Moche"), petit bout de terre planté dans le Pacifique à 35 km de la côte, dont Carola et Gonzalo nous ont vanté la beauté. En 15 minutes, des petits avions (4 places) peuvent nous y emmener pour 15 000 pesos (22 euros), mais les bateaux de pêcheurs, s'ils mettent trois à cinq heures pour la traversée, sont trois fois moins chers. Problème : quand on arrive vers 13h, des pêcheurs nous affirment qu'aucun bateau n'a prévu de partir, la mer étant mauvaise. On monte donc à l'aérodrome, pour voir. On ne sait que faire, car n'ayant pu tirer d'argent, on se rend compte qu'on n'a même pas de quoi payer les 60 000 pesos d'un aller-retour en avion. La chance nous sourit quand arrive l'avion subventionné réservé en priorité aux habitants de l´île, mais dans lequel il reste deux places... à 4 000 pesos.

Nous voilà donc sur ce caillou sauvage de 5 km sur 10 dont la côte est peuplée de seulement 600 habitants, mais où se comptent quand même 100 écoliers et quatre équipes de foot. Ici la piste en sable qui fait le tour de l'île est surtout parcourue par des charettes à chevaux et le centre de l'île est occupé par une chaîne de montagne, réserve verte et luxuriante où durant deux jours de marche humide, brume, chants d'oiseaux fascinants et arbres grandioses et anguleux sont nos seuls compagnons. La présence de l'homme se remarque par les aménagements du sentier, notamment des escaliers de bois dans les passages les plus pentus, jusqu'à 60%. Sans le vouloir, Anne a d'ailleurs testé sur quelques mètres la descente expresse des marches sur les fesses. Avec le temps pourri sur l'île, difficile de savoir si au matin de notre troisième nuit l'avion du retour pour lequel nous nous étions inscrits viendrait. Pour être à l'heure, nous campons au bord de la piste, à côté d'un abri,  et au matin des habitants de l´île partagent notre attente de "l'avionetta". Elle durera toute une drôle de journée entre pluie, dégustation de fruits de mer fraîchement ramassés, conversation avec les Mocheros, les habitants de l'île. Je passe les détails parce que j'en ai marre d'écrire mais sachez qu'en fin de compte peu avant la nuit, un avion débarque et nous ramène à terre. Le soir même nous sommes de retour à Cañete.

Féerique, l'île Mocha.

Nous reprenons pour quelques jours nos quartiers chez Carola et Gonzalo, faisant connaissance du fils Emilio et de la mère de Carola, Angelica. Nouvelles et intéressantes discussions, conseils de visites pour la suite du voyage, bons repas... Il est temps de quitter la famille et jeudi 19 mai, le bus nous embarque pour Concepcíon, deuxième ville du pays. Nous y passons la journée et décidons de gagner la capitale, 700 km plus au nord, par le bus de nuit. D'autant que nous avons les clefs de l'appartement d'Emilio à Santiago et que l'idée d'un petit week-end tous les deux sous un toit nous réjouit! Isadora, la fille de Carola et Gonzalo, fait le trajet inverse mais nous avons auparavant le temps de passer la soirée avec elle. Jusqu'à demain, nous profitons avec Anne de l'appartement en plein centre de Santiago de Chile. Aujourd'hui nous avons visité le musée de la Mémoire et des Droits de l´Homme, sur le coup d'état du 11 septembre 1973 contre Salvador Allende, Pinochet, la dictature. Très intéressant, nous en sommes ressortis avec le sentiment de mieux comprendre certains traits du peuple chilien. Même si pour moi il reste triste de voir comment la société de consommation semble avaler ce pays qui avant les 17 ans de dictature avait élu un homme qui portait de nombreux espoirs pour les travailleurs, les femmes et les moins fortunés. Aujourd'hui, nombre de ces derniers s'acharnent à s'endetter pour posséder une télé LCD ou des vêtements de marque.

Il y a beaucoup d'autres choses à voir à Santiago, avant de continuer le périple. On vous racontera, comme d'hab'.