Une fois n'est vraiment pas coutume depuis le début de ce voyage, en ce moment même oú je vous écris, je dégouline litteralement. Nous sommes à l'Est de la Bolivie, dans les basses terres, dans une petite ville nommée Buena Vista, et il fait une chaleur étouffante. C'est assez désagreable toute cette sueur moite, mais en même temps, on ne peut s'empêcher de reconnaitre qu'on est bien contents d'avoir troqué nos doudounes contre un maillot de bain!
Chute en altitude
C'est à notre départ de La Paz, il y presque trois semaines, que tout a commencé. En une journée de bus, quittant notre famille adoptive bolivienne et sa maison située à quasiment 4000m d'altitude, on est descendus à 2500, à Cochabamba. On avait été invités là bas par Maxime, un belge en thèse d'agro quelque chose que nous avions rencontré en trek. Il nous accueille comme des rois, nous concocte une espèce de tartiflette à la bolivienne, avec jambon de poulet sans goût et fromage frais qui fait couic couic quand on mord dedans, et nous abreuve de conseils sur les parcs du coin. Suivant ses conseils, on s'en va le lendemain matin pour la région du Chapare, celle où se produit une grosse majorité de la Coca du pays. La feuille de Coca, celle qui est machée et utilisée quotidiennement depuis des centaines d'années par les habitants de l'altiplano et autres, et à laquelle on s'est fait depuis un petit moment. Ca soigne tout, c'est presque magique, donne de la force pour grimper en altitude, soulage les maux de tête, d'estomac... On se mettrait presque a la coc' au retour! On s'en va donc à quelques heures au Nord de Cochabamba, à Villa Tunari, à à peine quelques centaines de mètres d'altitude.
Du coup, forcément, changement radical de climat, c'est les Tropiques!!!!! Enfin!!! En deux jours, on passe des sommets enneigés et de la très haute montagne à un paysage de bananiers, les cocotiers, la forêt dense, les oiseaux aux chants débordants d'originalité, les insectes de formes et couleurs jamais imaginées, les moustiques, les fourmis, les singes!
On savoure à fond, dégoulinants du matin au soir mais heureux. Suivant les conseils de la nénette du mini office de tourisme, on va se baigner aux " Tres arroyos", censé être une piscine naturelle dans la rivière magnifique. On découvre une réalité qui nous dépite depuis le début du voyage: à l'endroit dit, les gens se lavent dans la rivière avec force savon, sous une affiche de pub géante pour un shampoing. On remonte un peu la rivière, on tombe sur des toilettes. On remonte encore un peu et découvre carcasses de voitures et hydrocarbures. Merci bien, mais on ne se baignera pas! Malgré la beaute des paysages ici, on reste cois parfois devant les quantités de déchets qui sont jetés n'importe où!
Après une dernière balade dans une réserve de serpents un peu abandonnée et la découverte d'insectes fous, on rentre à Cocha. Max nous a invités le lendemain, 15 aout, au défilé de l'Urqupiña, un défilé de milliers de danseurs et musiciens en costumes venus de tous les coins du pays! On passe la journée à leur rythme, julien se faisant plais' en photo, moi grignotant des spécialités et papotant avec ces expatriés francophones.
Retrouvailles "a la francesa"
Cela fait plus de deux mois maintenant qu'on a quitté Aurel et Mag pour la dernière fois, et n'étant pas très loin les uns des autres, on se rejoint à nouveau, avec plein de choses à se raconter!
Une nuit de bus nous amène à Santa Cruz, la capitale économique du pays, à l'est, du côté des frontières brésilienne et paraguayienne. Il est 7h du mat' quand on arrive mais déjà il fait très chaud. On prend un autre bus folklo, qui s'arrête dès qu'il y a des vendeurs d'oranges ou de mandarines sur le bas-côté, et 4 heures plus tard, nous voilà à Samaipata. Sur la place du village, deux bouilles blanches, roses ou barbues nous attendent, c'est Mag et Aurel!
C'est super, quand même, de voyager en parallèle avec eux, on a un peu l'impression d'être à la maison quand on se retrouve!
On pose la tente dans un camping de hippies, et se pose, pour quelques jours de détente et de plaisirs culinaires. Dans ce village vivent un fromager suisse et un charcutier allemand. C'est pas fou, ça? Pour nous ça l'est, car ça veut dire reblochon et lard fumé, ingrédients essentiels à la diète du specimen julienesque...et de nous tous! On se remplit la panse à mesure que notre porte-monnaie se vide, mais se couche heureux et repus!
Comme nous l'avait prédit une mamie dans le bus, à l'approche du week-end, le temps se gâte. Sans vrai froid, on ne peut pas passer à la saison suivante disait-elle. Eh bien, il se pointe vraiment, le froid. Surprenant, même, au point que le samedi, on va se balader dans une forêt de fougères arborescentes (oui oui Jess et Rod!) et qu'on se retrouve face à des fleurs tropicales grandes comme une main recouvertes d'une couche d'un centimètre de glace! Il y a comme un décalage que l'on n'aurait pas imaginé!
Dans la jungle à la machette
Le froid nous aide à décoller, et à se rendre au Nord du parc Amboro, dans la zone des basses terres, où on a décidé de faire un trek ensemble avant de se quitter. Le temps de trouver un guide, d'obtenir l'autorisation écrite d'entrer dans le parc pendant 4 jours (galére!), de rassembler de quoi se nourrir, de trouver un taxi qui accepte de nous rapprocher un peu (pas facile!), on s'enfonce dans la forêt vers l'entrée du parc. Interdiction formelle d'y pénétrer sans guide, c'est dangereux dit-on. Pour les animaux sauvages? Non, pour les traficants de cocaïne, installés bien à l'abri apparemment dans le parc. Soit.
1er jour, on retrouve Dalmiro, notre guide, à La Chonta, cabane qui marque l'entrée du parc. On convient avec lui de ce qu'on va faire, il a l'air étonné mais content de partir aussi longtemps, et nous voilà tous les 4, une fois de plus, en pleine nature avec notre sac sur le dos, munis cette fois-ci d'une machette! On ne sait jamais à quoi s'attendre, mais c'est ça qu'on aime! On commence à remonter el Rio Colorado, c'est géant, cette végétation luxuriante qui nous entoure! Les rochers glissants pour traverser la riviére nous font un peu moins tripper, Mag et moi, mais la beauté du paysage rattrape le coup! Peu de temps avant la tombée de la nuit, on pose notre campement, et guette les sons des animaux. Un tapir s'approche, mais ne se montre pas. Ca ne sera pas pour ce soir...
2éme jour. A six heures, je suis reveillée par le chant des oiseaux. Magique, je me léve, le soleil se léve lui aussi et le ciel est clair, les oiseaux chantent à tue-tëte, les poissons grouillent dans la riviére! Elle est pas belle la vie? Ca va nous manquer, ca, au retour, il va nous falloir au moins un jardin! Aujourd'hui, on poursuit la remontée de la riviére jusqu'à une piscine naturelle, un trou oú il doit y avoir pas mal de poissons. C'est frisquet, mais ca fait du bien! On laisse les affaires et s'enfonce dans la foret, oú Dalmiro et Julien ou Aurel selon les moments, tracent le chemin à la machette. Au détour d'une montée, Julien apercoit un animal posé dans un arbre. C'est une sorte de hérisson, mais de la taille d'un gros chat et aux pics proportionnels! Il parait qu'il les éjecte lorsqu'il se sent attaqué, on ne fait pas trop nos malins et le laisse en paix. Sans être hostile, la nature est bien sauvage ici, et pas question de poser ta main quelque part sans avoir jeté un oeil auparavant. Les fourmis grouillent, de toutes les tailles et vénénosité! Elles font des autoroutes sur des centaines de métres qui nous laissent rapidement augurer de leur organisation. On se croirait un peu dans "Les fourmis" de Werber à certains moments et se sent tout petits.
3éme jour. Avant d'entamer la redescente, on veut grimper un peu plus haut, mais il faut traverser la riviére dans des rochers à escalader et trés glissants. " Un chemin pour les hommes", a dit Dalmiro, " mais sans les sacs, les filles sont fortes, elles y arriveront!". On tente, évidemment! Mais je ne suis pas trés en forme et n'arréte pas de tomber. Concentrée et saoulée, je finis par foncer de pleine téte dans un tronc et lache l'affaire. J'arréte là! Julien, sympa, reste avec moi. Et ne le regette pas, puisque quelques minutes aprés, il apercoit un tapir. "C'est gros comme un veau", dit-il! On se pose en affut pour essayer de le voir à nouveau, mais il ne se remontre pas! Dommage. Pendant ce temps, Aurel a été pécher avec Dalmiro à la machette, et ils reviennent avec quelques belles prises!
4éme jour. Levés tot, on entame la redescente sous un soleil de plomb. Soudain, on tend le cri de singes araignées. On pose les sacs et grimpe dans la foret, et parvient à les retrouver. Ils sont toute une colonie, plusieurs dizaines, dans les arbres. Pendant de longues minutes, tout émus, on s'observe, eux et nous, eux criant, nous faisant le moins de bruit possible. Julien croit avoir ete reconnu comme l'un des leurs avec sa barbe, et l'un d'eux lui lance une branche. D'un coup, les males dominants se mettent à rugir plus fort, tous se taisent et ils s'en vont, dans un silence le plus parfait. On a l'impression de sortir d'un réve, d'une rencontre sans paroles. Plus tard dans la journée, on essaiera d'en voir d'autres, mais l'escapade dans la jungle ne nous améne qu'à nous y enfoncer jusqu'à la nuit tombante, à commencer à douter du sens de l'orientation de Dalmiro, pourtant hyper aiguisé, et à se retrouver, en fait, à quelques métres de l'ancienne cabane des gardes forestiers oú on va camper! Ah le blagueur!
Chaque jour nous rapproche un peu plus dangereusement de notre départ, et c'est avec un petit pincement au coeur que cette fois-ci on quitte Magali et Aurelien. Ces jours-ci étaient les derniers passés ensemble sur ce continent! Ce matin, Julien et moi partons en direction du Paraguay, et Aurel et Mag s'en vont vers le Nord de la Bolivie!
5éme jour. On rallonge un peu ce qui était prévu, on est bien, là, et Dalmiro connait de bons coins pour l'observation des oiseaux! Une derniére belle balade dans cette foret humide nous offre dés l'aube un concert en direct de perroquets, d'espéces de dindons orange à houpette, de toro-toro au chant qui ressemble à une goutte d'eau tombant sur du métal et pleins d'autres. Lorsqu'on quitte Dalmiro, on a encore des sons plein les oreilles, mais on est vannés et ne réve que de se laver! Une bonne douche et des grosses frites maison aprés, on s'écroule tous!
Chaque jour nous rapproche un peu plus dangereusement de notre départ, et c'est avec un petit pincement au coeur que cette fois-ci on quitte Magali et Aurelien. Ces jours-ci étaient les derniers passés ensemble sur ce continent! Ce matin, Julien et moi partons en direction du Paraguay, et Aurel et Mag s'en vont vers le Nord de la Bolivie!
Mais l'aventure n'est pas terminée, alors je me dépéche de vous quitter pour aller en profiter!!Des gros bisous a tous, et à trés bientot!!!
Extra! Un voyage exceptionnel. Profitez des quelques mois qui restent...
RépondreSupprimerCc les loulous :) tjrs aussi sympa de vs lire; avec un joli vocabulaire qui plus est. Le carnet de route doit commencer à être épais?
RépondreSupprimerBonne route
à bientôt
bisous
P.S: papa et maman sont passés sur le DNA ;)
Yeuh comme c'est beau !!!!!
RépondreSupprimerHate de vouSSS revoir !!
Revenue de vacances, je peux enfin vous faire un petit coucou !
RépondreSupprimeret quel plaisir de lire votre récit, mais je serais à votre place, j'aurais vraiment peur parfois !!! J'ai même cru que les singes allaient garder notre Juju !!! Vous allez nous en raconter et que de belles photos à admirer !!!
Quel plaisir de vous revoir bientôt !
Je vous attends avec de bons petits plats !... moules farcies ? tartiflette ???
Gros bisous à vous 2
A bientôt chers enfants
Maman