dimanche 19 juin 2011

Des kilomètres plus haut, Santiago et Valpo

Buenas tardes amigos!

Ca y est, nous avons passé la moitié de notre voyage ici, et nous sommes arrivés à une latitude plus haute que celle de notre point de départ, Buenos Aires!
Pas si facile que ça, le Chili fait quand même plus de 4000 km de long, et la position du pays, un bout de terre entre la mer et la cordillère, qui fait frontière entre le Chili et l'Argentine, permet des paysages et des gens vraiment différents.

Nous sommes partis depuis quelques jours de Santiago, la capitale, qui concentre à elle seule un tiers de la population nationale. Une ville énorme de laquelle nous n'arrivions plus à partir!

En quittant l'appartement d'Emilio il y a trois semaines maintenant, on est allé à Valparaiso, Valpo pour les intimes, une ville absolument folle visuellement. Depuis quatre mois, nous ne voyons que des villes construites à l'américaine, quadrillées. Ici, on ne t'indique pas la direction en rues , mais en "cuadras", ou pâtés de maison, puisque de toute façon, il n'y a pas de diagonale ou de rue tordue!
A Valpo, si. La ville est contruite sur des "cerros", des sommets, au bord de l'océan. Elle n'a jamais été fondée; des gens s'y sont juste installés, il y a longtemps, ce qui en fait une des villes les plus anciennes du pays, à l'architecture disparate et anarchique. Ici, il n'y a rien que des escaliers, des impasses, des rues qui montent et qui descendent, qui s'entremêlent. Sur certians cerros à pic, subsistent des ascenseurs (funiculaires) qui datent du début du siècle. Ce méli-mélo un peu à l'européenne apporte déjà un certain cachet à la ville. Mais surtout, la ville est peinte, graffée, mosaïquée de toutes parts. Pas un mur, un banc, une placette, un monument qui ne soit transformé par un artiste en herbe. Après trois jours de balade dans la ville, et ce, malgré les visites guidées de Isadora, notre hôte, sûr qu'il nous reste de très nombreuses oeuvres inconnues! Des couleurs, des couleurs, un grand plaisir pour tous les deux!
Connaissant de réputation la ville, on offre juste avant d'y partir une petite toilette à l'appareil photo de Julien, et il s'enflamme! Des claps claps dans tous les sens, capturant les couleurs, les formes et les messages les plus variés!

Valparaiso est aussi une ville très étudiante, et c'est pour cela qu'Hélène, une copine à moi, était venue étudier ici. C'est là qu'elle a rencontré Isadora dont elle m'a donné le contact lorsque nous sommes arrivés au Chili. Dès le premier mail, Isadora nous invite à visiter ses parents, sa grand-mère et toute la famille, que nous avons rencontrés au fur et à mesure de notre périple. Enfin, c'est elle que nous rencontrons, et on n'est pas déçus! Elle nous balade dans cette ville où elle fait ses études, et j'ai l'impression de revivre des bribes de mes années fac!

Valparaiso est collée à Viña Del Mar, son penchant plus bourgeois. Plus au sud, nous avions rencontré Joaquin et Carolina, qui nous avaient invités chez eux à Viña, et nous allons y passer une nuit. Leurs familles respectives, très originales, nous accueillent comme des rois. Et Joaquin et Carito semblaient avoir préparé notre arrivée depuis longtemps. Après des discussions fortes intéréssantes, on a droit à un tour de leurs bars préférés! ouh! En quelques jours, on refait le plein de fête après les quelques mois passés à vivre plutôt la journée!

De retour à Santiago, on profite d'être accueillis par une couchsurfeuse franco-chilienne très open, Manuela, pour vadrouiller de droite à gauche. Deux jours de "safari" en 4x4 (prêté s'il vous plaît!) avec Aurél et Mag sur la côte et dans un canyon nous permettent de faire une vidéo bien drôle à offrir à nos copines strasbourgeoises Anne et Céline pour leur trente ans.
Mais ce qui tient à coeur ici à Julien, c'est de pouvoir aller tâter l'Aconcagua, le plus haut sommet d'Amérique avec ses 6962 mètres, situé à l'Est de Santiago, du côté Argentin de la Cordillère. Mais l'hiver est bien installé ici, même si cela ne se note pas beaucoup dans la plaine, et le passage, à plus de 3000 m d'altitude, est bloqué par la neige. 
Le dimanche 5 juin, on ne peut donc pas partir. Le lundi 6, non plus. On revoit les rando prévues et se donne une dernière chance pour y aller le mardi, et juste faire quelques photos. Le mardi 7 juin, le passage rouvre, et on commence à grimper en bus. Le temps reste mauvais, et le chauffeur rechigne à nous laisser au Puente del Inca, un village situé juste après la frontière, du côté Argentin. Camper là-haut, c'est de la folie, il fait quelque chose comme -3ºC, il neige un peu et il y a beaucoup de vent, alors qu'il est midi. Et le passage risque fort d'être bloqué à nouveau dans quelques heures... Ce soir, nous ne rentrerons pas à Santiago!
On suit les conseils de tous, en descendons jusqu'à Mendoza, capitale du vin argentine. On n'avait pas prévu cela mais tant pis, on s'adapte!
Le lendemain mercredi, on se lève en croisant les doigts pour que le passage ait rouvert. Un rapide passage sur Internet m'indique qu'il a neigé 72 cm la nuit dernière....ahhhh! Mais un appel à la gare routière nous apprend que la frontière est ouverte! Oh joie! Et oh, confirmation qu'il faut toujours vérifier ses informations!

Nous voila donc repartis pour 8 heures de bus, comme une journée de boulot me dis-je, collés sur les sièges avant d'un mini bus, avec en prime un chauffeur qui a envie de papoter! Et un grand soleil cette fois-ci!Pré-cordillère parsemée de vignes, terre ocre et rouge, puis cordillère aux sommets abruptes, la neige sur le sol nous indique que nous arrivons à 3000 m, et voici le poste de frontière. Des kilomètres de camions sont à la queuleuleu, espérant, aujourd'hui, pouvoir passer avant que le passage ne referme! Il faut dire ce passage est un des plus importants, reliant les deux plus grands ports de commerce que sont Valparaison et San Antonio, à l'Est du continent: Argentine, Urugay et leurs voisins. Le transport ferroviaire étant très peu développé, tout se fait en camion, et les routes de montagne en laçet ne sont pas toujours praticables!

Le passage de la frontière n'a jamais été si long. Souvent, on est passé à pied, les carabiniers nous demandant, juste pour la forme, si nous n'avions pas de choses interdites dans nos sacs! Cette fois-ci, c'est fouille en règle! Le Chili est très pointilleux sur le passage de produits naturels, nourriture, plantes, cailloux. Alors que mon sac à main est posé sur la table de fouille, le chien se met à le sentir! Que diable! J'ai un bouton en bois, avec lequel j'ai réparé mon sac depuis que la fermeture éclair a lâché. Rien à faire, l'officier m'oblige à le découper sous ses yeux! N'importe quoi!

Après une dernière soirée avec Manuela, et presque trois semaines à Santiago, nous voici enfin en route pour le Nord. Ma soeur Sabet est en Amérique du sud depuis plus d'un mois et on n'a pas encore réussi à se rejoindre, si on ne monte pas vite maintenant, on se loupera! Et si on ne remonte pas, on passera tout notre voyage au Chili!!

Alors c'est parti! 500km plus haut, nous voici à La Serena. On part rapidement un peu à l'Est, à une heure de bus, dans la Valle de l'Elqui, où on trouve avec plaisir de la chaleur, de la vraie, celle qui te permet de rester en débardeur toute la journée! Du bonheur pur, ça faisait vraiment longtemps qu'on n'avait pas eu cela! Si on est venu dans cette vallée, c'est qu'y sont installés de très nombreux observatoires, dont un accessible de nuit, le Mamalluca. Même si la visite se fait en groupe, on se fait plaisir, à observer la lune, les étoiles, et surtout Saturne, et ses anneaux!
Une petite journée en plus pour grimper en haut d'une des montagnes avoisinantes et se faire un bel asado au dîner et nous revenons à la Serena.

Ce soir, c'est le grand saut: 16 heures de bus pour remonter d'une traite de plus de 1 000 km. Cela fait deux mois qu'avec Aurel on se dit, "il faut remonter, hein, une grosse distance d'un coup" et qu'on n'y arrive pas! Et bien voici venu ce moment, qui nous rapproche à grand pas du Pérou, mais aussi de Sabet et Anne sa copine, et de Tété et François qui arrivent dans trois semaines!

Alors en route, et à bientôt!