¡¡Hola todos!!
Quel plaisir de vous retrouver via ce petit écran!
Nous voici de retour une fois de plus en ville, après avoir passé une quinzaine de jours assez incroyable!
Comme on vous l'avait dit, on avait prévu de quitter le village argentin d'El Chalten pour traverser la frontière chilienne à pied! C'est bien ce que nous avons fait.
Quittant notre casilla rodante (caravane) mercredi matin aux aurores, comme cela nous arrive de temps en temps lorsque Julien parvient à sortir de son sac de couchage, nous avons levé notre pouce sur le chemin de pierre menant au Lago Desierto. De suite, un 4x4 s'arrête. Une mamie, Suzanna, et ses deux filles, Nina et Suzanna, qui se font une petite semaine de vacances parents-enfants (et oui, comme toi, Papa!). L'heure passée avec elles est un vrai régal, on rigole, on boit le maté avec des gâteaux, on s'arrête, on fait des photos débiles! Une ambiance de famille de femmes qui me fait chaud au coeur!
| Suzanna mère et fille et Nina, avec leur copine Anne. |
Elles nous laissent sous un grand soleil à la pointe Sud du lac et nous voici partis pour le longer jusqu'à la pointe Nord, au poste de frontière argentin. Un sentier magnifique où nous ne croisons personne, qui commence par une grosse grosse montée, qui nous rapelle que c'est la première fois que nous randonnons avec la totalité de nos affaires sur le dos en plus de la nourriture pour plusieurs jours!
Jeudi matin, nous décidons de prendre notre temps: il y a 6h de marche pour atteindre le port de Candelario Mancilla, d'oú part le bateau qui nous amènera au Chili samedi. On a largement le temps de faire l'étape en deux jours ! Du coup, on décolle vers midi, tout heureux, et on s'engage dans un sentier qui correspond à ce qu'indique notre carte! Erreur! Au terme d'une montée à pic, le sentier n'est plus bien marqué. On continue, en s'orientant tant bien que mal, ça arrive! Sauf qu'au bout d'une heure -la traversée d'un marécage avec des araignées black and white, d'une forêt sortant du Seigneur des Anneaux, et d'une descente à pic vers la rivière- toujours pas de sentier, on est perdus!!! Et voilà qu'il se met à pleuvoir!! On rebrousse chemin, et une heure après, nous revoilà au poste argentin!
Gardant le sourire, on rencontre une nénette qui nous indique le chemin, le bon, cette fois, et qui nous apprend qu'un bateau, gratuit de plus, quitte le port le soir même! Chouette, il va falloir se speeder, mais ça nous remet un coup de boost! S'ensuivent deux heures de montée dans un sentier boueux au possible. De la bonne, celle qui colle bien au chaussures et qui ne se prive pas de s'y engouffrer lorsque par malheur, on y plonge le pied! Arrivés au col qui délimite dans l'espace la frontière entre les deux pays, il se remet à pleuvoir. Oh nooo!
Par chance, une heure plus tard, nous tombons sur une équipe d'ouvriers qui acceptent de nous embarquer dans leur pick-up pour rentrer au port! Ce sont eux qui ont construit le chemin de terre de 15km qui va de la frontière physique au poste de carabiñeros chiliens, il y a 10 ans. Personne ne l'utilise mis à part les carabiniers, mais aujourd'hui, l'Etat chilien les paient pour qu'ils l'entretiennent (il y a de quoi, on est obligés de traverser des rivières!). Il faut dire que la frontière à cet endroit-là est source de nombreux conflits, un glacier gigantesque étant à cheval sur les deux pays. Il y a 26 ans, le village d'El Chalten a été érigé en Argentine pour assurer une présence; de l'autre côté, ce sont les carabiniers qui assurent cette permanence. Mais le chemin et une piste d'atterrissage sont entretenus, tout de même, au cas où!
Au poste de frontière chilien, Pato nous accueille très gentillement (il est content de voir du monde, seuls 10 carabiniers et une petite dizaine de personnes vivent sur ce bout de terre séparé du Chili par 3h de bateau), nous apprenant que la barque gratuite n'arrivera que le lendemain, mais nous offrant une petite maison où dormir, en compagnie de Judith et Cesar, un couple d'Españols adorables arrivés en vélo la veille.
| Judith et Cesar devant la maison que nous avons partagée. |
Et là commence une attente sans fin. Le lendemain nous préparons nos sacs pour partir mais le bateau ne vient pas. Peut-être plus tard, peut-être demain nous dit-on. On a froid. Au soir, on nous apprend qu'il viendra peut-être le lendemain, mais qu'il ne repartira peut-être que le jour suivant... On ne sait pas, mais on prend notre mal en patience! Le temps devient juste complètement élastique, sans rythme, mais paisible.
Samedi matin, un bateau pointe à l'horizon: tels des Robinson Crusoé, nous accourons au port pour le voir arriver!
Il s'agit du bateau payant, très cher pour ici (40 000 Pesos chiliens chacun, soient 60 Euros), le Quetru, qui après avoir fait un tour au glacier, reviendra ici pour repartir en direction de la terre. Une heure après, un autre bateau suit, la barquaza del estado, celui qui est gratuit. Espoir de partir! Mais non, finalement, il refuse de nous embarquer! Nous passerons du coup cette journée de plus, dans le froid, à attendre le retour du Quetru! Que d'incertitudes en ces lieux! Je crois que c'était une épreuve pour nous enseigner la patience!
Le soir même, nous arrivons à Villa O'Higgings. Un tout petit village, au bout d'une route de cailloux unique qui remonte vers le Nord et que nous voulons emprunter sur une portion: la Carretera Austral. Dans la rue, je rencontre Miguel, un Español voyageant en vélo rencontré quelques semaines auparavant. Il nous invite à manger chez Mauro, dit "El Parajero", l'Homme aux Oiseaux, un Chilien qui est venu s'installer dans ce bout du monde pour créer un camping écolo, avec un volet éducation à l'environnement pour les gens qui y viennent et pour les habitants du village. On passe une soirée mythique à se goinfrer de pizzas maison, poulet de la campagne et patates au four en partageant nos expériences, en compagnie aussi de Tim et Joe, un Anglais et un Americain! Après les jours de "disette" passés à Candelario, on profite!
Lundi matin, direction, en bus, Cochrane. Aucune voiture ne passant, le pouce est juste irréaliste. La Carretera Austral, sur la portion Sud, passe à travers des fjords, le paysage change donc radicalement: nature luxuriante (ça y est, il est placé!!), lacs, rivières, cascades et marais s'enchaînent. Après 4h de bus et la traversée d'un lac en bac, panne de bus! Heureusement, les gars d'ici sont bricolos et le problème se règle!
| Le bus... en panne. |
Mardi matin, nous tentons le stop. On est maintenant à presque 300 km au Nord, il devrait y avoir plus de monde! Que nenni! Une camionette nous avance de 50 km, et puis plus rien. Pendant 5 heures. Tant pis, on cherche un endroit pour dormir, ici à Puerto Bertrand. On trouve une chambre chez Mireya et Nano, super! Ils nous racontent leur vie ici, très isolée. Pas de téléphone, pas de portables, pas d'internet, il pleut presque tous les jours et le vent et la neige ne sont pas en reste en hiver, soit durant presque 4 mois. Mais le sourire est là! On boit le maté avec le beau-frère, Sanchez, qui nous offre un fou rire mémorable. Il s'entête à parler à Julien qui ne comprend rien tant son accent est incompréhensible. Au bout d'un moment Julien lui dit, et la Mireya et son mari pètent de rire! Ca n'est pas tant son accent qui est fort, c'est plutôt qu'il est rond comme une queue de pelle!!
Les 5 h d'attente de la veille nous ont un peu calmés, on prend un bus mercredi matin pour s'avancer un peu, jusqu'à Coihaique, LA ville du coin! Mais le lendemain, jeudi, on retend le pouce! Pleins de voitures nous prennent mais chacune pour le prochain village seulement, pour ne parcourir au final que 150km. Du coup des rencontres sympas, même si souvent on ne comprend pas grand'chose. L'accent chilien de la campagne n'est décidément pas évident à saisir! On imagine des Chiliens en voyage en Alsace, je crois que ça se vaut!!
Les jours suivants se passent de la même manière: des heures d'attentes sur le bord de la route, avec des sauts de puce, sur des routes de caillasses défoncées. Les Chiliens préfèreraient picoler des alcools faits maison à base de tous les fruits et légumes jusqu'à la laitue, plutôt que de réparer les routes, nous dit un chauffeur de camion, peut-être pas très clair lui-même!
Mais ce qui est dingue, c'est qu'on ne s'ennuie pas! On est tout le temps tous les deux, souvent au milieu de rien, sous le vent, le soleil, la pluie, mais ce rien est beau et nous on fait des jeux! Quand on disait que l'expérience de ce voyage serait en partie de savoir si on s'entendait bien, et ben pour l'instant, c'est assez drôle!
Samedi, nous arrivons enfin à Futaleufu, village qui fait frontière avec l'Argentine. On reste scotchés! C'est magnifique et on s'y installe! On trouve un camping qui était prêt à fermer (la saison touristique est terminée), et on passe deux jours avec Miguel et Rosa, les proprios! Miguel nous emmène faire une grande balade autour du Rio Futaleufu, à l'eau turquoise et au courant impétueux qui fait la joie des kayakistes; il m'apprend à faire du pain, Julien va au match de foot du dimanche! Qu'est ce qu'on est biens!! On y resterait didon!!
Mais l'envie de monter vers le Nord et la chaleur est plus importante, et lundi matin, nous partons à Esquel, côté argentin, où nous attendent depuis 15 jours Adriana et ses 3 enfants, Juli, Jorge et Thomas.
Son amoureux, Kique, est éduc et travaille dans une école spécialisée, on va donc y faire un tour le mardi (hier), où un accueil hyper chaleureux nous est réservé! Un ptit tour devant la prison, histoire de ne pas oublier dans quel domaine je travaille, et ce matin, direction l'école d'Adriana. Par ici vivent de nombreuses communautés Mapuche, les indiens qui étaient ici bien avant les différentes vagues de colonisation espagnole, galloise, argentine et autres depuis plus de 150 ans. La volonté de les exterminer a été très forte de la part de certains colons, et la communauté Tehuelche, par exemple, a complètement disparu. Les Mapuche, eux, se sont battus, et continuent à lutter pour reprendre les terres qui étaient les leurs. Mais la répression a été si forte que la culture se perd, les grands-parents des enfants actuels ayant plutôt tenté de dissimuler leur origine et ne l'ayant pas transmise. L'école où travaille Adriana est à une quinzaine de kilomètres de la ville et les enfants sont tous Mapuche, sauf sa fille, Julietta. Une partie de l'enseignement est réservée à la transmission de la langue et des traditions par des mamies Mapuche. On y passe toute la matinée, à apprendre avec eux et à leur raconter comment cela se passe chez nous et l'échange est génial: Julien se fait des petits potes en marquant un but pendant la récré et on leur fait un petit concert, devinez en chantant quoi? JOE DASSIN, évidemment et les Champs-Elysées!!!
Des moments supers!
Mais Mag et Aurél nous attendent dans un refuge à Lago Puelo, à 150km d'ici, du coup nous repartirons demain les rejoindre, avant de remonter encore un peu...
You ben didon, je ne me suis pas arrêtée!! Je vais faire de la concurrence à Julien sur la longueur! Que ceux qui arrivent jusque là ne m'en tiennent pas rigeur, on vous écrit pas souvent, alors on se met à blablater quand on s'y met!!
Allez, les amis, à très bientôt!
PS: n'hésitez pas à aller voir quelques nouvelles photos sur les liens à votre droite!
Oh la la c'est passionnant! J'aime bien qu'en t'écrit Nanou!!!! Je te vois parler ^^
RépondreSupprimerDes bizous à tous les deux
Jess
Anne et Juju,
RépondreSupprimerQuel plaisir de te lire Anne !!! ça va plaire à Elisabeth qui aime bien quand c'est "long" !
Vraiment passionnants tous ces bons moments que vous vivez et ces rencontres sympas malgré des pb de compréhension (Sanchez).
Trop beau les paysages et vous êtes trop mimines devant les glaciers.
Je constate que l'entente est bonne entre vous 2 et vous n'avez vraiment pas l'air de vous ennuyer.
Ici, c'est la grosse chaleur pour un mois d'Avril et je vous en souhaite autant après le froid et l'humidité que vous avez endurés.
Profitez... profitez... les jeunes !!!!
Gros bisous à vous 2
Maman Nicole
Salut les p'tits loups !
RépondreSupprimerGénial ! C'est la première fois que "j'écoute" une femme "parler" si longtemps sans me boucher les oreilles. A ton retour, Anne, tu devrais écrire un livre. En plus tu as un illustrateur sous la main (ou sous autre chose...).
Merci pour les photos_c'est beau la technologie des telecoms.
Dès que j'arrête de bosser, j'attaque l'Espagnol et à nous deux l'Amérique !
Bisous.'' Portez-vous bien'' comme on dit chez nous et dites à vos sacs de bien se faire porter aussi.
A+
Le barbu Auvergnat
Si ca continue, c'est Anne qui va devenir rédactrice....
RépondreSupprimerCoucou vous deux!
RépondreSupprimerQuelle joie d'avoir de vos nouvelles! ça me manquait!!! C'est vraiment agréable de suivre vos aventures (je pense que je me serrai arrêté aux araignées...)
Moi j'aime bien quand il y a tout plein de choses à lire, j'dirai juste que l'échange me manque... tu t'en doute bien Mélu!!!
Je vous embrasse tous les deux, prenez soin de vous! Céline
PS:allez jeter un oeil (si vous le pouvez) sur le blog de ceux qui sont restés en Alsace...
eh ben !vous en aurez des choses à raconter à vos p'tits-enfants !!on pourrait presqu'en faire une pièce de théâtre de tout ce que tu nous racontes Anne !je vous imagine bien dans ce décor ... bonne route ! (j'ai loupé mon tour après Nicole mais c'est l'autre maman ! )
RépondreSupprimercoucou, ça fait super plaisir de te lire comme ça Anne, gros gros bisou à tous les deux..
RépondreSupprimerEnjoy ;-)
Sabine
En voilà des anecdotes de voyages comme je les aime... C'est que ça me donne envie de repartir sur les routes tout ça !
RépondreSupprimerEn attendant, merci de permettre à l'équipe de voyager un peu par procuration, ça fait du bien !
GROS BISOUS d'Antenne !
Enjoy !
Marie.